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mardi 6 octobre 2026

Compostelle, plus qu'une marche !

 

La marcheuse de Compostelle nous enchante avec ses textes si authentiques que j'ai presque l'impression de marcher à son côté. Je vous laisse découvrir son cheminement et laissons résonner... en toute humanité !



Bonjour à toutes et à tous,


Il y a quelques jours, je suis arrivée à Santiago après 5 semaines de marche depuis Sagres, au sud du Portugal. Et wow, je ne m’attendais pas à ce que ce chemin me remue autant… 

J’ai vécu deux expériences différentes entre Lisbonne et Santiago. Entre Lisbonne et Porto, le chemin passe par beaucoup de routes nationales et de zones industrielles, avec parfois peu de possibilités de trouver de quoi manger dans certains villages. Un soir, j’ai été très malade après avoir mangé des aliments périmés, faute d’avoir trouvé autre chose. Cette partie a été difficile, aussi bien physiquement qu’émotionnellement, et j’ai fini par prendre le bus pour rejoindre Porto plus rapidement. Je l’ai vécu comme un échec mais je me suis rendue compte plus tard que je n’avais pas été la seule à avoir trouvé ce tronçon éprouvant. J’ai même rencontré une pèlerine qui m’a raconté avoir pleuré en marchant et s’être sentie en danger à cause des voitures qui la frôlaient.

Après Porto, j’ai trouvé le chemin beaucoup plus beau, et j’ai rencontré bien plus de pèlerins. On parle souvent de ce chemin comme d’une expérience de dépouillement, en pensant au sac à dos et à tous les objets qu’on se doit de laisser aller. Mais ça va tellement plus loin que ça. 

Peu à peu, ce sont aussi nos pensées et nos émotions qu’on rencontre. Et ce processus n’est pas toujours agréable. Marcher sur plusieurs semaines nous met face à nous-même. Juste nous-même. Sans artifices. Sans distraction. J’ai pris conscience en marchant qu’il y avait des tas d’émotions que je ne pensais plus porter en moi: en lien avec la perte d’êtres chers, mais aussi d’inquiétudes sur le futur ou de regrets du passé. Dans un quotidien bien organisé, avec beaucoup de travail, c’est plus facile de ne pas ressentir ses émotions et de vivre en pilote automatique. Sur le chemin, tout est vécu plus intensément. J’ai notamment beaucoup pensé à ma maman, décédée l’année dernière. C’est elle qui m’avait parlé du chemin de Compostelle pour la première fois. En marchant, j’ai senti à quel point son absence était douloureuse. 




Et même si ce chemin a été difficile à plein de moments, il y a eu cette grande prise de conscience. Je peux continuer à marcher avec tout ce que je porte en moi. Parfois, j’arrive à en laisser aller un morceau. Parfois aussi, le poids de ces émotions et pensées reste accroché à mon sac à dos. 

Mais au final, je crois que ce qui me pèse le plus, c’est de me reprocher de les ressentir. De penser que je devrais être ailleurs, avoir dépassé certaines choses, savoir où je vais.

Et dans les moments de découragement, ce sont les rencontres qui m’ont aidée à continuer à marcher, surtout à partir de Porto. Des gens ordinaires, de 23 à 77 ans, du monde entier avec qui j’ai partagé un bout de chemin. 

Le chemin de Compostelle est un de ces rares endroits où de parfaits inconnus deviennent des amis en quelques minutes. Et au final, moi qui suit assez solitaire, je crois que c’est de ça dont j’avais besoin ces dernières semaines. J’avais besoin de me rappeler que le Chemin vers soi passe par le lien à l’autre. 

La marche continue maintenant jusqu’au cap Finistère, puis jusqu’à Muxía. Je suis heureuse d’avoir encore quelques jours devant moi avant de rentrer.

J’ai plein de choses à vous partager sur ce chemin, notamment certaines rencontres qui m’ont marquée. 

Un nouveau projet a aussi commencé à prendre forme au fil des kilomètres… Je vous en dirai plus bientôt.

🎬 Avant de vous laisser, je voulais vous rappeler deux rendez-vous.


- Le 11 octobre, juste après la fin de mon chemin, je prendrai la direction de Mons, en Belgique, où je projetterai mon film Chemins de Vie au Festival Ose.


- Les 14 et 15 novembre, je serai au Rendez-vous international du carnet de voyage, à Clermont-Ferrand, pour y donner une conférence et dédicacer mes livres (jour exact et horaire à confirmer).


Si vous habitez dans les environs, je serai heureuse de vous y rencontrer.


Festival Ose à Mons

Merci d’être là ✨.


Pauline Wald


Je prends un grand plaisir à vous partager ce qui m'émerveille. Belle soirée !

Frâme d'enfant


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